
Le Nissan Rogue 2013–2020 présente plusieurs faiblesses typiques des VUS compacts japonais, notamment une transmission fragile et une électronique capricieuse. Lors de l’achat d’un Rogue d’occasion au Canada, il est essentiel de prendre en compte les réalités locales : routes salées en hiver dans plusieurs provinces, conditions météo extrêmes, trafic urbain dense et la très grande proportion de véhicules importés des États-Unis.
1. Principaux défauts de la génération
Les points faibles les plus fréquents
La deuxième génération du Nissan Rogue (T32, 2013–2020) cumule plusieurs problèmes récurrents signalés par des milliers de propriétaires sur les forums, sites d’évaluation et rapports de consommateurs.
D’abord, la consommation de carburant est supérieure à la moyenne de la catégorie. Le moteur essence 2,5 L QR25DE consomme environ 9–11 L/100 km en ville et 7–8 L/100 km sur autoroute, ce qui alourdit sensiblement les coûts d’utilisation avec les prix actuels de l’essence au Canada.
Ensuite, le système multimédia et de navigation est dépassé. Les premières versions de NissanConnect disposent d’écrans petits (5–7 pouces), d’une interface lente et de nombreux bugs : plantages, problèmes Bluetooth et erreurs GPS. Le restylage de 2017 a ajouté Apple CarPlay et Android Auto, mais uniquement sur les versions supérieures.
La corrosion est un autre défaut majeur, surtout sur les véhicules importés des États-Unis provenant de régions utilisant du sel de voirie en hiver. La rouille apparaît sur le plancher, les passages de roues et les bas de caisse après 5–8 ans. Au Canada, le sel routier et les hivers rigoureux accélèrent fortement ce phénomène.
L’insonorisation médiocre est une plainte très répandue. Bruits de roulement, vent et moteur pénètrent dans l’habitacle dès 100–110 km/h, rendant les longs trajets fatigants. L’amélioration après 2017 est réelle, mais beaucoup de propriétaires ajoutent eux-mêmes de l’insonorisation supplémentaire.
L’entretien peut devenir coûteux, surtout pour la transmission et l’électronique. La CVT Xtronic est le talon d’Achille du modèle : elle surchauffe dans les embouteillages, provoque des à-coups, pertes de puissance et peut lâcher complètement. Réparation ou remplacement : entre 4 000 $ et 8 000 $ CAD. Autres problèmes fréquents : compresseur de climatisation, actionneurs de chauffage/climatisation (air froid/chaud inégal), usure prématurée de la suspension (amortisseurs et silentblocs vers 50–80 000 km) et consommation d’huile après 100–150 000 km.
L’électronique pose aussi problème : déclenchements intempestifs du freinage d’urgence autonome (AEB), capteurs ABS défaillants et bugs multimédia. La peinture et le vernis sont fins — les éclats de gravillons apparaissent rapidement.
2. Problèmes par année et version
Quelles années examiner avec la plus grande prudence ?
Les problèmes varient selon l’année. Les modèles précoces (2013–2016) concentrent le plus grand nombre de plaintes. 2013 est la pire année : taux très élevé de défaillances CVT, climatisation et capteur de niveau de carburant. Beaucoup ont nécessité un remplacement de transmission avant 150 000 km.
2014–2015 suivent le même schéma : CVT, climatisation et usure des plastiques intérieurs. 2016 ajoute des bruits de suspension avant en virage. Chaque année de cette période cumule des centaines de plaintes et plusieurs rappels.
Le restylage 2017 apporte des améliorations notables : CVT renforcé avec meilleur refroidissement, insonorisation améliorée et électronique modernisée (incluant ProPILOT sur certaines versions). Malgré tout, la transmission reste sensible à une conduite agressive. 2018 se distingue par des freinages intempestifs. 2019–2020 sont les plus fiables de la génération, mais un contrôle approfondi de la CVT reste indispensable.
Les versions hybrides (à partir de 2017) sont très rares sur le marché canadien.
Évitez absolument les modèles 2013–2016 à fort kilométrage. Privilégiez les exemplaires post-2017 avec historique complet.
3. Spécificités du marché canadien
La réalité du marché de l’occasion au Canada
Au Canada, la très grande majorité des Nissan Rogue 2013–2020 d’occasion sont importés des États-Unis (souvent via des encans comme Copart), et beaucoup ont un historique d’accident. Cela impacte directement l’état : réparations de qualité variable, alignements imparfaits et défauts cachés.
L’état de la carrosserie est crucial. La corrosion liée au sel américain s’aggrave avec le sel canadien et les conditions hivernales. Inspectez toujours le dessous de caisse, passages de roues et bas de caisse sur pont. Les historiques d’entretien sont souvent incomplets ou douteux — exigez un rapport Carfax ou AutoCheck pour les importés.
Les pièces d’origine pour CVT et électronique sont coûteuses, mais il existe de bonnes alternatives (Bosch, KYB, etc.). Entretien recommandé : vidange moteur tous les 8–12 000 km, fluide CVT tous les 40–60 000 km pour prolonger sa durée de vie.
Le kilométrage est fréquemment trafiqué — vérifiez l’usure des pédales, volant et sièges. Prix de marché approximatif au Canada pour les modèles 2017–2020 en bon état : entre 18 000 $ et 32 000 $ CAD selon le kilométrage, l’état et les équipements (valeurs plus élevées pour les exemplaires bien entretenus et à faible kilométrage).

4. Ce qui peut être corrigé et budget réaliste
Budget pour remettre le véhicule en excellent état
La plupart des défauts sont réparables, mais cela demande un investissement. Amélioration de l’insonorisation (portes, passages de roues, plancher) : 800–2 000 $ CAD.
Mise à jour multimédia avec écran Android + CarPlay : 500–1 500 $ CAD. Traitement anticorrosion et retouches peinture : 600–2 500 $ CAD selon l’ampleur.
Changement d’amortisseurs (paire) : 800–2 000 $ CAD, silentblocs 200–600 $ CAD. Entretien préventif CVT (fluide + filtre) : 300–800 $ CAD ; réparation complète ou remplacement : 4 000–8 000 $ CAD.
Prix de marché approximatif au Canada 20 000–32 000 $ CAD pour un exemplaire 2017–2020 en bon état. Prévoyez 1 500–5 000 $ CAD supplémentaires pour les améliorations immédiates (insonorisation, anticorrosion, entretien en retard).
5. Conclusion : est-ce que ça vaut le coup ? Meilleures et pires versions
Recommandations finales
Le Nissan Rogue II reste un choix raisonnable en 2025–2026 à condition de bien choisir. Il offre un bon espace, un moteur robuste et une bonne tenue de route — parfait pour les familles —, mais une inspection très rigoureuse est indispensable.
Ciblez les modèles 2017–2020 de moins de 120 000 km, avec historique complet et diagnostic propre de la CVT et de la suspension. Évitez absolument les 2013–2016 à fort kilométrage et historique douteux.
Versions préférées : SV ou SL avec AWD. Lors de l’inspection, concentrez-vous sur : essai routier (recherchez les à-coups CVT), levage du véhicule (corrosion et fuites), fonctionnement de l’électronique (AEB, multimédia) et documents (Carfax ou historique).
Avec un entretien rigoureux, un bon exemplaire peut facilement dépasser 250–300 000 km. Si vous ne pouvez pas confirmer l’état de la transmission, passez votre tour — le risque est trop élevé.