
Audi traverse une période de changements notables ces dernières années. Autrefois synonyme de technologie avancée et de soin extrême apporté aux détails, la marque semble aujourd’hui s’orienter vers une simplification, pas toujours dans un sens positif. Les véhicules paraissent moins aboutis et l’ambition ingénierie d’antan semble s’être estompée.
Ce constat est particulièrement visible dans les domaines qui constituaient autrefois les points forts d’Audi. Par exemple, les instruments de bord numériques de la marque étaient une référence il y a dix ans. Aujourd’hui, on a l’impression que conserver la version précédente sans modification aurait été préférable. Il s’agit d’une forme d’évolution à rebours.
Le passage de la S4 à la S5
Le nouveau coupé berline sportif porte désormais le nom S5, bien qu’il soit en réalité le successeur direct de la S4. Ce changement de dénomination peut être perçu comme une tentative de différenciation. Le véhicule lui-même a suscité des critiques : les essayeurs de Motor1 ont déjà indiqué que le nouveau modèle se montre inférieur à son prédécesseur. Cette opinion n’est pas isolée.

L’équipe d’Edmunds, réputée pour sa rigueur méthodique avec mesures, capteurs et analyses de données détaillées, est parvenue aux mêmes conclusions. Dégrader les performances dans des domaines où elles étaient auparavant satisfaisantes appelle une explication.
Domaines où le nouveau modèle a régressé
- La distance de freinage depuis 100 km/h est passée à 34 mètres — soit 2,4 mètres de plus.
- L’accélération latérale maximale est descendue de 0,97 g à 0,94 g.
- Les performances en accélération sont devenues moins homogènes : parfois plus rapide d’un dixième de seconde sur certains segments, mais globalement plus lente jusqu’à 100 km/h.
Ce ne sont là que des chiffres. Plus préoccupant encore sont les ressentis : les essayeurs soulignent un comportement étrange en courbe, le véhicule oscillant entre sous-virage et survirage de manière simultanée. Il semble que le caractère de la voiture n’ait pas encore été pleinement défini.

Qu’est-il advenu du plaisir de conduite d’antan ?
On pourrait penser que la S4 précédente était si aboutie qu’il était difficile de la surpasser. Pourtant, elle n’a jamais été considérée comme une référence absolue, souvent qualifiée d’adéquate et parfois même de fade sur certains points. La version diesel TDI, à son époque, paraissait même plus cohérente que la version essence : elle offrait une conduite sereine avec une consommation de carburant réduite.
Après environ sept ans de développement, proposer un modèle qui régresse sur la plupart des critères mesurables indique un dysfonctionnement systémique. Cela reflète l’état actuel d’une marque qui produisait autrefois des automobiles animées d’une véritable âme d’ingénierie.