«Monsieur Vert» et l’échec du leasing de véhicules électriques : le pari sur les VE n’a pas fonctionné | actualités automobiles mondiales | automotive24.center

«Monsieur Vert» n’est jamais arrivé à destination : pourquoi le leasing 100 % électrique s’est révélé être un piège

L’histoire de la faillite de l’entreprise néerlandaise Mister Green, plus connue sous le nom de « Pan Zelený », semble à première vue être un cas local

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On pourrait se dire : une société de leasing de plus qui n’a pas résisté au marché. Mais en creusant un peu, on comprend rapidement qu’il s’agit d’un cas extrêmement révélateur, qui illustre parfaitement les véritables défis des véhicules électriques et de l’économie qui les entoure.

Comment fonctionne le leasing opérationnel

Pour commencer, un rappel rapide de la mécanique. Le leasing opérationnel est en réalité une location longue durée d’un véhicule. Pas d’apport initial, pas de soucis d’entretien, d’assurance ni de pneus. On paie simplement un montant fixe chaque mois, on roule un nombre de kilomètres prédéfini par an, et à la fin du contrat, on restitue la voiture pour en prendre une nouvelle.

Cela semble très pratique, et c’est précisément pourquoi ce format est devenu très répandu en Europe depuis de nombreuses années. Mais il repose sur un élément clé : le calcul de la valeur résiduelle du véhicule.

Le risque majeur : la vitesse de dépréciation

La société de leasing achète le véhicule, estime sa valeur dans 2 à 4 ans, et répartit la différence entre le prix d’achat et cette valeur future sur les mensualités. Si l’estimation est erronée, les problèmes apparaissent rapidement.

Et c’est là que les véhicules électriques se montrent particulièrement vulnérables. Ils perdent de la valeur beaucoup plus vite que les véhicules à moteur thermique. Les experts le répètent depuis des années, mais le marché a longtemps fait semblant que tout était sous contrôle.

Mister Green et le pari exclusif sur Tesla

Mister Green a misé le tout pour le tout : l’entreprise s’est spécialisée exclusivement dans les véhicules électriques, principalement des Tesla. Au fil des années : Model S, Model X, puis Model 3 et Model Y. Les autres marques étaient quasiment absentes du portefeuille.

Le problème ? Contrairement aux grands groupes de leasing, Mister Green n’avait pas de « coussin » constitué de contrats rentables sur des véhicules diesel ou essence. Tous les risques étaient concentrés sur un seul type de technologie : l’électrique.

Pourquoi les chiffres n’ont pas fonctionné

Les loyers mensuels étaient trop bas pour compenser la perte réelle de valeur des véhicules. Et cela sans même prendre en compte la marge, les risques et les frais de structure de l’entreprise.

Tant qu’on est un grand acteur avec un portefeuille diversifié, on peut absorber les pertes pendant un certain temps. Mais quand on est « mono-électrique », il n’y a pas de plan B. Mister Green s’est retrouvé face au dilemme classique :

  • augmenter les tarifs → perdre des clients ;
  • maintenir des tarifs bas → s’enfoncer lentement dans la faillite.

Ils ont choisi la seconde option, en espérant que le marché finirait par se redresser. Il ne s’est pas redressé.

Comment tout s’est terminé

L’entreprise a officiellement déclaré son insolvabilité. Les contrats des clients seront transférés vers d’autres opérateurs de leasing : aux Pays-Bas et en Belgique — Rebel Lease, en Allemagne — Van Mossel Autolease Deutschland. La marque Mister Green devrait, quant à elle, connaître une liquidation discrète.

Pourquoi cette histoire est plus importante qu’il n’y paraît

Le plus intéressant n’est pas tant la faillite elle-même, mais ce qu’elle révèle : une nouvelle couche de subventionnement indirect des véhicules électriques. Les constructeurs perdent de l’argent, les États accordent des aides, les sociétés de leasing baissent les prix — et tout cela est financé indirectement, dilué dans le système.

Quand ce mécanisme fonctionne au sein d’un grand groupe, il reste largement invisible. Dès qu’une entreprise comme Mister Green, sans autre source de revenus, apparaît, la réalité frappe vite et fort.

Analyse

Cette affaire rappelle opportunément qu’il ne faut pas regarder les véhicules électriques avec des lunettes trop roses. Ils peuvent être pratiques, performants et technologiques, mais sur le plan de l’économie de possession et de la revente, la réalité est nettement moins enthousiasmante. Mister Green a simplement été la première à démontrer, en toute transparence, le véritable coût de cette transition « verte ».