
Produit de 2015 à 2021, le Tucson de troisième génération a connu un énorme succès grâce à son design soigné, son équipement généreux et sa polyvalence au quotidien. Comme tout véhicule cependant, il présente des points faibles récurrents qui peuvent influencer votre décision d’achat. Dans ce guide, nous passons en revue les problèmes les plus fréquents, les différences par année, les spécificités du marché canadien et les conseils pour bien choisir. Pour la présentation complète de la génération, les fiches techniques et l’habitacle, consultez les autres articles de la série.
Principaux défauts de la génération
Problèmes Hyundai Tucson 2016–2021 touchent à la fois la technique et l’usage quotidien. Voici les plaintes les plus courantes des propriétaires :
- Insonorisation : Avant le restylage 2018, l’insonorisation est franchement faible – bruit de roulement, moteur et vent très présent au-delà de 100 km/h. Après restylage, nette amélioration, mais sur les routes canadiennes avec gravier, nids-de-poule ou autoroutes venteuses, le bruit reste perceptible dans l’habitacle.
- Consommation : Le 2.0 MPI atmosphérique (environ 164 ch) consomme 9–12 L/100 km en ville, ce qui est élevé pour la catégorie. Le 1.6 T-GDI turbo (175–181 ch) est plus sobre (7,5–9 L/100 km), mais il réclame de l’essence super pour éviter les cliquetis et les soucis à long terme, qualité pas toujours garantie dans toutes les stations.
- Multimédia : Les écrans 5 pouces des versions de base sont dépassés en définition et réactivité. Même les 7 et 8 pouces (avant et après restylage) peuvent ramer lors de l’utilisation du GPS, Apple CarPlay, Android Auto ou Bluetooth.
- Corrosion : La carrosserie est correctement protégée d’origine, mais les impacts de cailloux (capot, bas de caisse, passages de roue) et sous les joints de portes font apparaître de la rouille, surtout sur les véhicules ayant roulé en hiver avec sel de voirie.
- Suspension : Calibrage ferme (McPherson avant, multibras arrière) assure une bonne tenue de route, mais transmet beaucoup de vibrations sur chaussées dégradées. Les biellettes et silentblocs de barre stabilisatrice s’usent souvent entre 50 000 et 80 000 km.
- Boîte de vitesses : La double embrayage 7-DCT (sur 1.6 turbo et diesels) supporte mal la surchauffe en ville, provoquant des à-coups. Les boîtes manuelles et automatiques classiques sont plus robustes, mais nécessitent des vidanges régulières.
- Pièces : Certaines pièces d’origine (accouplements HTRAC, turbo du 1.6 T-GDI) sont coûteuses – de 800 à 3 500 $ CAD ou plus. Les équivalents aftermarket sont moins chers, mais qualité très variable.
Années et versions : sur quoi être vigilant
Les soucis évoluent selon l’année et le niveau d’équipement. Les premiers millésimes (2016–2017) pré-restylage cumulent plus de reproches :
- 2016–2017 : Insonorisation la plus faible, surtout sur les versions de base. Écran 5 pouces sans CarPlay/Android Auto ; l’écran 7 pouces est lent. Le diesel 1.7 CRDi (quand présent) est très sensible au carburant de mauvaise qualité, causant des pannes d’injecteurs. Premières 7-DCT avec logiciel imparfait générant des à-coups.
- Restylage 2018–2021 : Insonorisation nettement renforcée, écran 8 pouces avec mirroring moderne, diesel 1.6 CRDi moins capricieux, apparition de l’automatique 8 rapports avec le 2.0 CRDi (beaucoup plus fiable que la DCT). La corrosion localisée et l’usure suspension restent d’actualité.
Les exemplaires post-2018 sont globalement plus recommandables grâce à l’électronique affinée et aux transmissions plus solides.
Marché de l’occasion au Canada
Hyundai Tucson d’occasion reste très demandé : sur Kijiji, AutoTrader, Facebook Marketplace (début 2026), les annonces se situent grosso modo entre 14 000 $ et 28 000 $ CAD selon l’année, le kilométrage et l’état. Particularités du marché canadien à surveiller :
- État carrosserie : Sel d’hiver et routes abrasives accélèrent la rouille sur bas de caisse, passages de roues et soubassements. Vérifiez l’épaisseur peinture et la rouille cachée sous joints.
- Historique entretien : Beaucoup proviennent de flottes ou location avec 150–220 000 km. Exigez carnet complet, factures et rapport CarProof/Carfax.
- Kilométrage réel : Odomètre trafiqué fréquent. Comparez usure volant, sièges, pédales avec km affichés ; vérifiez via VIN.
- Pièces d’origine : Certains ont des pièces non-origine après collision. Contrôlez alignement panneaux, jeux et marquages.
- Importés : Plusieurs exemplaires viennent des États-Unis. Vérifiez conformité et documents d’importation en règle.
- Équipements : Versions de base parfois maquillées en haut de gamme. Confirmez clim bizone, capteurs, caméra, etc.
Les exemplaires avec historique limpide et moins de 120 000 km se vendent plus cher – à partir de 20 000 $ CAD environ. Fourchette marché réaliste pour bons états : 16 000–26 000 $ CAD.
Budget entretien et réparations
La plupart des défauts sont réparables, mais le coût s’additionne vite. Estimations approximatives en dollars canadiens (prix 2026) :
- Insonorisation supplémentaire : portes, passages de roues, capot – 800–2 000 $ CAD (gain notable sur pré-2018)
- Mise à jour multimédia : écran aftermarket 9–10 pouces CarPlay/Android Auto – 600–1 800 $ CAD posée
- Réparation corrosion : traitement ou réparation + peinture par panneau – 500–1 500 $ CAD
- Révision suspension : biellettes, silentblocs, amortisseurs – 800–2 500 $ CAD
- Entretien 7-DCT : vidange 300–600 $ ; kit embrayage + reprogrammation 2 500–5 500 $ CAD
- Entretien courant : huile, filtres, freins – 400–900 $ CAD par visite
Prévoyez 2 000–5 000 $ CAD la première année pour rattraper l’entretien différé sur un Tucson à 150–200 000 km. Les bons exemplaires à faible kilométrage se négocient entre 20 000 et 26 000 $ CAD, les plus kilométrés descendent vers 14 000–18 000 $ CAD.

Conclusion et conseils
Hyundai Tucson d’occasion reste un choix pertinent en 2026 à condition de sélectionner avec soin. Bon rapport qualité-prix, habitabilité familiale, comportement sain en ville et sur routes secondaires, revente correcte. Mais il faut connaître ses limites et les réalités du marché canadien.
Vaut-il le coup ? Oui, surtout les restylés 2018–2021 avec boîte automatique classique et 2.0 CRDi (lorsqu’il existe) ou le 1.6 turbo bien entretenu.
À éviter ? Méfiez-vous des 2016–2017 très kilométrés avec 7-DCT précoce, historique douteux ou signes évidents de corrosion et entretien négligé. Les entrées de gamme à écran 5 pouces paraissent vite dépassées.
Checklist inspection et essai routier :
- Vérifiez corrosion bas de caisse, passages de roues, capot
- Confirmez historique complet et rapport Carfax
- Testez la boîte en circulation lente (cherchez à-coups sur DCT)
- Évaluez le bruit sur autoroute et chaussée abîmée
- Vérifiez multimédia, caméra de recul, capteurs
Le meilleur compromis est souvent un restylé 2018–2021 en finition haute (Limited ou équivalent) avec moins de 120 000 km, historique limpide et sans accident majeur – comptez environ 20 000–26 000 $ CAD pour un exemplaire solide. Avec une inspection rigoureuse et un entretien raisonnable, le Tucson III deviendra un compagnon fiable sur les routes canadiennes.