
Selon les évaluations internes, résoudre ou du moins atténuer partiellement ces défauts pourrait prendre environ six mois. Il s'agit d'une monoplace au concept ambitieux, mais comportant plusieurs décisions de conception ayant entraîné des conséquences non désirées.
Concept radical et ses conséquences
L'AMR26 a été présenté avec une philosophie aérodynamique inhabituelle et un packaging extrêmement compact. L'apparence extérieure et l'architecture interne ont été conçues pour abaisser le centre de gravité et maximiser la densité des composants. Cette approche peut apporter des gains en dynamique, mais nécessite une intégration précise de tous les éléments.
Des signaux de risques potentiels ont déjà été détectés lors des tests virtuels sur le site de Sakura. Les essais de pré-saison ont confirmé ces préoccupations : dans certains régimes de fonctionnement, l'unité de puissance présentait des niveaux élevés de vibrations.
Caractéristiques du système hybride
Le principal problème réside dans la disposition des composants hybrides. À la demande de la direction technique, le générateur MGU-K a été placé le plus bas possible pour réduire le centre de gravité. Cela a nécessité de diviser la batterie en deux modules et de modifier les fixations après l'approbation du projet initial.
Le MGU-K tourne à des vitesses allant jusqu'à 30 000 tr/min. Combiné au moteur à combustion interne, cela génère des vibrations importantes. En raison de sa proximité avec la batterie et le châssis, une partie de ces oscillations est transmise directement au pack batterie. Cela affecte les joints et peut provoquer des fuites de liquide de refroidissement en contact avec les éléments de la batterie. Comme la batterie est refroidie par liquide, l'intrusion de ce fluide dans les zones étanches présente un risque d'endommagement des cellules.
Châssis et transmission des charges
Le châssis est conçu dans un style minimaliste, optimisé pour une grande rigidité avec un poids minimal. Cependant, cette architecture est moins efficace pour amortir les vibrations. Dans d'autres équipes, les éléments hybrides sont positionnés différemment : le générateur est placé plus haut et plus loin de la batterie, avec des renforts sur certaines sections du monocoque. Dans le cas d'Aston Martin, la configuration choisie s'est révélée moins tolérante à ce type de charges.
Des complications supplémentaires concernent la transmission. La boîte de vitesses nécessite des améliorations au niveau de la synchronisation et de l'intégration électronique. Les principaux problèmes portent sur le logiciel et l'interaction entre les systèmes électriques, qui sont théoriquement plus simples à corriger que des modifications structurelles du châssis.

Comportement en piste
Une caractéristique notable est l'influence de la masse de carburant. Avec un réservoir plein, les vibrations sont partiellement amorties car le carburant agit comme un amortisseur supplémentaire. Avec un faible niveau de carburant, typique des sessions de qualification, la charge sur les composants augmente et le risque de défaillance s'accroît. Cela limite le fonctionnement de l'unité de puissance à régime maximal.
Perspectives d'amélioration
Les ingénieurs étudient plusieurs solutions. La refonte du packaging et des fixations pourrait prendre plusieurs mois. Une reconstruction complète de l'unité de puissance demanderait beaucoup plus de temps. L'équipe espère que des modifications progressives permettront de stabiliser les performances de la voiture au cours de la saison.
Conclusion
La situation de l'AMR26 illustre la sensibilité de l'intégration des systèmes hybrides dans les monoplaces modernes de Formule 1. La recherche d'une compacité extrême et d'un centre de gravité plus bas a entraîné des charges vibratoires complexes affectant la batterie et la transmission. Au cours des prochains mois, la priorité sera de trouver le juste équilibre entre efficacité de conception et fiabilité.