
Et c'est peut-être la description la plus juste du modèle : la nouvelle Superb est devenue une voiture où les principaux changements se produisent non pas sur la carrosserie, mais une fois les portes ouvertes. Pour comprendre exactement en quoi elle diffère de sa prédécesseure et pourquoi elle reste un choix populaire sur le marché français pour ceux qui cherchent de l'espace, du confort et des équipements de qualité, le mieux est de commencer par l'habitacle.
Architecture de l'habitacle : moins d'écrans, plus de logique
Dans cette génération, le constructeur a fait un pas rare dans l'industrie actuelle : il a ramené certaines fonctions de l'écran vers des commandes physiques. Sous l'écran central se trouvent trois molettes circulaires Smart Dials, chacune dotée de son propre mini-écran. Elles peuvent être configurées pour la température, le flux d'air, le volume, les modes de conduite ou le zoom de la carte. La solution peut sembler controversée au premier abord, mais dans l'usage quotidien elle réduit vraiment le nombre de pressions sur l'écran — ce qui manquait à la génération précédente avec son système multimédia surchargé.
L'écran central lui-même mesure 13 pouces, il est monté à l'horizontale et légèrement orienté vers le conducteur. Le combiné d'instruments numérique Virtual Cockpit de 10 pouces est proposé dès les finitions de base, tandis que l'affichage tête haute est disponible en option et apparaît principalement sur les versions Laurin & Klement ou sur les voitures équipées du pack Plus. L'architecture du tableau de bord est devenue plus horizontale : accent mis sur de larges inserts décoratifs sur toute la largeur et un éclairage d'ambiance qui, sur les finitions supérieures, s'étend aux portes et se prolonge sur la planche de bord.

Matériaux et perception de la qualité
C'est probablement le domaine dans lequel la Superb a fait le plus grand pas en avant — et en même temps celui où sont apparus certains compromis. La partie supérieure du tableau de bord, les portes au niveau des coudes, l'accoudoir central et une partie du tunnel sont recouverts de plastique moelleux au toucher ou d'un matériau composite avec surpiqûres. Plus bas, on retrouve le plastique dur classique, ce qui est normal dans la catégorie, bien que la sensation tactile soit globalement comparable à celle de la Passat B9 avec laquelle la Superb partage sa plateforme.
Skoda a mis l'accent sur des matériaux durables dans la Superb IV : une partie des garnitures est réalisée à base de laine recyclée, il existe des versions en simili-cuir suédé Suedia et un tissu appelé Recytitan fabriqué en partie à partir de PET recyclé. Dans la pratique, ces matériaux ont belle allure et conservent leur forme, mais leur durabilité à long terme dans les conditions réelles du marché français reste difficile à évaluer — les voitures sont encore relativement récentes. Le cuir Cognac ou marron des versions Laurin & Klement a un rendu luxueux, mais les teintes claires se salissent facilement, notamment sur les appuis latéraux des sièges.

Ergonomie et position de conduite
Les sièges avant ont toujours été un point fort traditionnel de la Superb, et Skoda n'a pas dérogé à la règle. La géométrie du profil est un peu plus ferme, ce qui se ressent positivement sur les longs trajets autoroutiers où le dos fatigue moins que dans les crossovers de la même classe. Sur les versions équipées du pack ergoMatic, le siège conducteur bénéficie d'un massage, d'une ventilation, d'une mémoire des réglages et d'un soutien lombaire réglable dans plusieurs directions — probablement le meilleur siège avant de la catégorie des berlines de luxe aujourd'hui.
La position de conduite est bien pensée : la colonne de direction offre une large plage de réglages, l'accoudoir est placé à hauteur naturelle, et le sélecteur de boîte est désormais petit et positionné sur la colonne de direction à droite — libérant le tunnel central pour le chargeur sans fil à refroidissement actif (un détail important en été, lorsque le smartphone en CarPlay chauffe en une vingtaine de minutes). La visibilité vers l'avant et dans les rétroviseurs latéraux est bonne, mais le montant arrière sur le hatchback est plus épais que souhaité et peut parfois obliger à un regard supplémentaire dans l'angle mort lors des changements de voie sur autoroute.

Seconde rangée et espace familial
L'empattement de la Superb IV n'a augmenté que de 8 mm pour atteindre 2 841 mm, mais l'essentiel est que l'agencement de l'habitacle continue de faire de la seconde rangée l'une des plus spacieuses de sa catégorie. Un passager mesurant 1,85 m assis derrière un conducteur de même taille dispose encore d'environ 15 cm jusqu'au dossier du siège avant. C'est un niveau de berline de représentation à empattement court plutôt que de segment D. Les dossiers de la banquette arrière sont désormais réglables en inclinaison sur certaines finitions — c'était auparavant réservé aux modèles plus haut de gamme.
Des commandes tactiles dédiées au climatiseur trizone sont apparues sur les portes arrière, et l'accoudoir central dissimule un support rabattable pour tablette — une caractéristique typique de Skoda qui s'avère vraiment utile lorsque des enfants voyagent à l'arrière. Le chauffage des places extérieures de la seconde rangée est désormais plus largement disponible et apparaît même sur les finitions Selection, qui constituent actuellement le niveau le plus vendu.

Finitions proposées sur le marché français
Les concessionnaires proposent la Superb IV en plusieurs niveaux d'équipement, et la gamme a été simplifiée par rapport à la génération précédente. Dans la pratique, les plus courants sont Essence (entrée de gamme, souvent destinée aux flottes), Selection (le choix le plus populaire auprès des particuliers) et Laurin & Klement (le haut de gamme).

Les différences entre ces niveaux se résument ainsi :
| Niveau d'équipement | Ce qui est ajouté par rapport au niveau précédent |
| Essence | Climatisation bi-zone, garnissage tissu, Virtual Cockpit de 10 pouces, pack d'aides à la conduite de base (Front Assist, Lane Assist, régulateur de vitesse) |
| Selection | Climatisation tri-zone, projecteurs Matrix LED, garnissage partiel cuir ou tissus premium, régulateur de vitesse adaptatif avec Travel Assist, chauffage des places arrière et du volant |
| Sportline | Sièges sport avec meilleur maintien latéral, garnissage Suedia/cuir synthétique, touches noires dans l'habitacle, direction à démultiplication variable |
| Laurin & Klement | Cuir Cognac ou Black, massage et ventilation des sièges avant, affichage tête haute, système audio premium Canton, éclairage d'ambiance à large palette de couleurs, stores arrière électriques |
L'écart de prix entre un Selection bien équipé et un Laurin & Klement se situe généralement entre 12 000 et 15 000 €. Cependant, de nombreuses options recherchées — audio Canton, affichage tête haute et pack étendu d'aides à la conduite avec Travel Assist 3.0 — sont disponibles sur le Selection via les packs Plus et Comfort. C'est pourquoi la plupart des acheteurs français en quête de bon rapport qualité-prix s'arrêtent à un Selection avec quelques packs : on obtient une voiture quasiment complète pour environ 8 000 à 10 000 € de moins que le haut de gamme.
Version break Combi et praticité
Le break Superb Combi représente environ 35-40 % des ventes selon les données des concessionnaires sur les marchés où les deux carrosseries sont proposées. Le coffre du Combi offre 690 litres en position normale et jusqu'à 1 920 litres une fois la seconde rangée rabattue. Le hatchback propose respectivement 645 et 1 795 litres. Pour la plupart des usages le hatchback suffit, mais la porte de coffre à ouverture mains libres (capteur sous le pare-chocs) peut parfois poser problème par temps de pluie ou de neige lorsque le capteur est sale.

L'hybride rechargeable et ses particularités
La version Superb iV PHEV est proposée officiellement en France, même si la demande reste modérée en raison d'une infrastructure de recharge encore perfectible hors des grandes agglomérations. Dans l'habitacle, les différences avec les versions classiques sont minimes : un indicateur de charge apparaît dans le Virtual Cockpit, un onglet dédié dans le système multimédia permet de gérer les modes de recharge, et le câble de charge rangé sous le plancher du coffre occupe une partie du compartiment inférieur, réduisant le volume d'environ 35-40 litres. Pour le reste, c'est le même habitacle et l'intégration du système hybride a été réalisée avec soin, sans aucun compromis visuel.

Expérience au quotidien : ce que l'on constate avec le temps
La génération est encore trop récente pour des conclusions définitives sur la fiabilité à long terme, mais les premiers hivers et années d'utilisation ont déjà fourni des retours utiles. Les éléments en cuir sur le volant et le sélecteur se comportent bien — pas d'usure prématurée caractéristique de certains concurrents. Le garnissage Suedia n'a pas encore donné lieu à des plaintes, mais le matériau est sensible au nettoyage : les taches grasses sont difficiles à enlever et de nombreux propriétaires font appel à un detailing professionnel tous les six mois.
L'insonorisation s'est nettement améliorée — à 110 km/h il est possible de converser confortablement dans l'habitacle, ce qui était difficile à obtenir sur la génération précédente avec des pneus hiver. Les vitres des finitions supérieures sont acoustiques et font leur effet. Le point négatif : certains propriétaires de voitures des premiers millésimes (2023 – début 2024) signalent des bruits de frottement occasionnels près du panneau du pare-brise, surtout après le premier hiver rigoureux. Le constructeur a corrigé le problème lors d'évolutions de production, mais il convient de le vérifier lors de l'achat d'un véhicule d'occasion.
Les éléments tactiles restent un sujet à part. Malgré le retour des commandes physiques, le réglage des rétroviseurs reste sensible au toucher, de même qu'une partie du contrôle de l'éclairage. Par temps froid avec des gants, c'est gênant. De même, les lève-vitres à deux boutons pour quatre vitres obligent à appuyer d'abord sur le commutateur pour actionner les vitres arrière — un schéma hérité de Volkswagen qui ne fait pas l'unanimité auprès des utilisateurs français.

Où se positionne la Superb IV aujourd'hui
Sur le marché français actuel, la Superb IV occupe une position intéressante : elle s'est nettement rapprochée du segment premium en termes de qualité des matériaux et de niveau d'équipement, tout en restant à des prix raisonnables dans la catégorie des berlines de luxe. Prix de marché estimés pour la France : les versions de base démarrent à partir d'environ 48 000 à 52 000 €, les Selection bien équipés avec les packs se situent dans une fourchette de 58 000 à 65 000 €, et les Laurin & Klement haut de gamme avec toutes les options peuvent atteindre 72 000 € ou plus. Dans cette tranche de prix, la Superb a peu de concurrents directs offrant le même niveau d'espace et d'équipement.
L'habitacle de quatrième génération apparaît moderne aujourd'hui grâce à la grande écran multimédia horizontal, au retour des commandes physiques intuitives et au travail soigné sur l'éclairage d'ambiance. Ce qui commence déjà à paraître moins actuel face aux derniers modèles premium, c'est la fluidité des animations de l'interface (les graphismes sont plus vifs, mais restent en retrait par rapport à ce que proposent BMW ou Mercedes sur certains aspects) et l'architecture du panneau de climatisation arrière pour la troisième zone, qui semble plus simple que ce à quoi on pourrait s'attendre à ce niveau de prix.

Un choix équilibré aujourd'hui consiste en un Selection équipé du pack Comfort Plus et de l'affichage tête haute optionnel — une configuration qui offre pratiquement tout ce dont la plupart des conducteurs ont besoin pour les longs trajets et l'usage quotidien, sans payer le supplément pour les éléments plus statutaires du Laurin & Klement. La finition haut de gamme se justifie lorsque le cuir Cognac, le massage et la personnalisation maximale sont de véritables priorités — mais dans les conditions réelles d'utilisation en France, avec le type de routes et l'usage quotidien, elle relève souvent plus de l'image que d'un choix purement rationnel.