
Cependant, même les sociétés les plus calmes peuvent réagir lorsqu'elles perçoivent une injustice. Cette année, les résidents de Toronto l'ont démontré : plus de 800 cas de dégradation de radars fixes en neuf mois seulement. Pour un pays connu pour privilégier les formes pacifiques de protestation, ce niveau est notable.
Pourquoi les résidents sont passés à l'action
Officiellement, ces radars ont été installés pour améliorer la sécurité routière dans les zones à forte présence de piétons, d'enfants ou de personnes âgées. Dans la pratique, beaucoup ont été placés sur des axes à faible risque ou des avenues à quatre voies. Il en résulte des amendes pour dépassements de 5 à 10 km/h, à l'impact limité sur la sécurité mais générant des revenus constants.
De nombreux conducteurs voient désormais ces caméras davantage comme des outils de recouvrement que comme des dispositifs de sécurité. Ce changement de perception semble avoir été un point de bascule.
Les politiques réagissent
L'affaire a pris une telle ampleur que les autorités n'ont pu l'ignorer. Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a affirmé que ces caméras servaient plus à collecter des impôts qu'à assurer la sécurité et a plaidé pour leur retrait, les qualifiant d'injustes.
La police a eu un succès limité pour identifier les auteurs. Malgré les enregistrements, peu d'arrestations ont eu lieu. La population montre généralement de la compréhension envers les personnes impliquées.
Un phénomène mondial
Des protestations similaires se produisent régulièrement dans le monde. Au Royaume-Uni, la destruction de radars est récurrente, en Italie le «Fleximan» est devenu célèbre, et en Ukraine existait le «Crum Patch Team». Le cas canadien se distingue par son échelle, avec des centaines de dispositifs endommagés en un an.
Des faits marquants
- Plus de 800 incidents enregistrés à Toronto en neuf mois.
- 16 caméras endommagées en une seule semaine.
- Certaines ont été désactivées à plusieurs reprises, l'une d'elles sept fois au cours d'une année.
Ce sont là les chiffres officiels. D'autres formes d'interférence existent probablement.
Revenus contre sécurité
La principale critique est que le placement des caméras répond davantage à un critère de rentabilité qu'à de réels besoins de sécurité. Le facteur financier l'emporte souvent sur la logique.
Bien que le contrôle de la vitesse soit une idée légitime, sa transformation en outil de génération de revenus suscite un important mécontentement.
Perspectives
L'avenir de ces radars reste incertain. Le premier ministre ayant appelé à leur suppression, une décision officielle pourrait intervenir. La question est de savoir si elle devancera l'action continue des conducteurs.
Les technologies de contrôle routier sont plus efficaces lorsqu'elles privilégient une véritable sécurité plutôt que la génération de revenus. Les réactions du public le rappellent lorsque cet équilibre est rompu.